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Vainqueur GP Varsovie

Les 10, 11 et 12 novembre derniers avait lieu un Grand Prix en Standard à Varsovie, un tournoi international qui a accueilli plus de 1200 joueurs.

Magic Bazar a rencontré Jean-Emmanuel Depraz, joueur français qui a décroché la 1ère place du GP ! On en a profité pour lui poser quelques questions sur cette expérience.


Es-tu un habitué de ce genre de gros tournois ?

Ça fait plusieurs années que je fais des GP. J’avais déjà fait deux Top 16, un à Paris et un à Madrid en Standard et Modern.


Peux-tu nous parler de ton deck Temur Energy quatre couleurs ?

C’est un deck que je jouais depuis deux jours seulement. Je l'ai choisi entre autres parce qu'il correspondait à mon style de jeu, à savoir Midrange. Je l’avais testé un peu sur MTGO et il semblait bien fonctionner, je me sentais assez en confiance avec ce deck.

La version la plus classique de Temur c’est un trois couleurs qui a tendance à donner soit trop de mana, soit pas assez. Et seul Annonciateur de gloire justifie un surplus de terrains. Pour ma liste j’avais prévu quelque chose de plus lourd avec des coûts d’invocation plus élevés. Rajouter Le Dieu-Scarabée, et Vraska, chercheuse de reliques me permettait d’équilibrer les choses et de relancer le jeu.


Y a-t-il une carte en particulier qui t’a vraiment aidée ?

Je dirais que c’est quand même Annonciateur de gloire, moins jouée en Pro Tour et que l’on retrouvait souvent en deux fois seulement dans certaines listes. Pour moi elle était vraiment indispensable parce que c’est une menace qui sert aussi d’anti-bête. Contre les decks contrôle et combo, on ne peut pas se permettre des Éclairs maîtrisés.

 


Vous vous préparez en équipe à ce genre de tournoi. Tu avais été conseillé par tes équipiers  sur le metagame?

Oui, je connaissais le méta et je connaissais les decks. Le seul problème c’est que ma liste n’était pas optimisée à 100 %. Je pense qu’il y a quelques cartes que je changerais si je devais rejouer la liste. Je ne jouerais pas Vraska, chercheuse de reliques dans mon main deck et j’enlèverais Coup de Confiscation de la réserve pour la mettre en main deck. Vraska, chercheuse de reliques finalement n’est forte que contre Token qui a plus ou moins disparu du meta maintenant. Coup de Confiscation en revanche fonctionne toujours bien en miroir. Et sinon je jouerais un troisième Charognard avaleur de cadavres en réserve. Son effet est utile dans pas mal de configurations :
- contre les decks qui utilisent les cimetières
- contre mono-red les points de vie sont importants et c’est toujours bien d’avoir des cartes qui en font gagner

 
Et du coup tu es qualifié d’office au prochain Pro Tour ?

Oui, ma victoire me qualifie pour Bilbao ! En fait j’ai pris une année sabbatique pour Magic. Je suis étudiant normalement, mais là comme j’ai été qualifié pour le premier Pro Tour de l’année je vais en profiter pour essayer de passer Silver [ndlr : au classement de joueurs professionnels]. Me qualifier à un deuxième Pro Tour c’était un peu mon rêve. Ça fait trois ans que je n'avais pas fait un Pro Tour et là j’en fait deux d’affilée, ce qui ne m’était jamais arrivé, et je finis Top 8 ! Ça fait beaucoup de choses qui arrivent d’un coup.

Ce Top 8 me donne 8 points pro et le rang Silver est à 20. J’en avait déjà 4 donc là je suis à 12, je vais en avoir 3 à Bilbao juste pour la participation, donc en fait il ne m’en reste que 5 à faire sur l’année alors que la saison n’en est encore qu’à son premier quart ! Ça me laisse une très bonne chance de faire Silver. Je n'avais pas anticipé que ça puisse m’arriver si vite.


À la fin du Jour 1 du GP tu étais à quel score ?

J’ai fait 7-2 ! J’étais à 7-0 au début, je me sentais au sommet - j’ai perdu les deux dernières essentiellement sur des problèmes de mana. Ça m’a un peu refroidi mais d’un autre côté je sentais que j’étais capable de gagner les parties où je jouais vraiment le deck donc j’étais assez confiant.


Quel souvenir en particulier garderas-tu de ce GP ?

Je pense que c’est l’annonce du Top 8. J’avais fait match nul à ma dernière ronde et c’était un peu tendu. Je pensais que j’étais obligé de la jouer si je voulais passer. J’étais 6ème à la fin des rondes et mon adversaire avait gagné la première partie. Il m’a reproposé de faire match nul parce qu’il était sûr de passer avec ce résultat. Il ne voulait vraiment pas prendre le risque de perdre les deuxième et troisièmes parties. À ce moment-là j’ai réfléchi, j’étais pas sûr de passer avec un match nul mais et je ne pensais pas pouvoir gagner deux parties d’affilée. J’ai donc estimé que mes chances de passer en faisant match nul étaient plus élevées.

La demi-heure qui a suivie a été vraiment angoissante mais finalement je suis arrivé 7ème au départage. Il y a deux personnes avec le même score que moi qui ne sont pas passées, c’était vraiment tendu !


Est-ce que tu aurais des conseils à donner pour les joueurs en tournoi ?

J’ai deux conseils. Le premier on l’entend souvent, c’est de jouer les rondes une à une et de ne pas penser à sa position dans le tournoi. Tant que l'on joue il faut vraiment éviter de penser à autre chose, à son score, aux enjeux du match. Tout ça créé de la pression et influence le jeu. C’est un conseil qu’on entend souvent mais ça ne fait pas de mal de le répéter parce que c’est difficile à mettre en pratique.

Mon deuxième conseil ça serait de toujours avoir confiance en sa capacité à gagner le match, peu importe la personne en face. Même si on s’assied devant un joueur qu’on pense bien meilleur que soi et qu’on se dit qu’on a peu de chances de gagner, je pense qu’il faut mettre de côté tout ça pour la durée du match et vraiment se dire qu’on peut le gagner. Il faut essayer de se motiver mentalement, sans ça on finit par faire des erreurs qu’on aurait pas faites contre un joueur inconnu. Ça m’a pas mal aidé au cours de ce tournoi.


Un dernier mot ?

J’aimerais remercier tous les gens qui m’ont suivi au cours du tournoi, ça fait beaucoup de bien d’avoir des amis qui te soutiennent. Le principal attrait de Magic en tant que jeu c’est la communauté, on est soutenu par des gens, des amis, ronde après ronde, et c’est ce qui rend ces expériences vraiment intenses.